Découvrir un artiste/chanteur français: Interview de Paul Personne

Proposé par

Interview de Paul Personne – Face A & Face B

ITW préparée et réalisée en mai 2011 par Frankie Bluesy Pfeiffer (Paris-Move), Dominique Boulay (Blues Magazine – Fr) et Nathalie Nat’ Harrap (Blues Matters – UK)
Photos : Frankie Bluesy Pfeiffer
ITW réalisée au ‘Zebra Square’, 3 rue des Boulainvilliers, 75016 Paris

C’est juste après la sortie de la première partie du diptyque ‘A L’Ouest’, courant mai 2011, que nous avions rencontré Paul Personne. Depuis, il y a eu le concert du 30 juin 2011 à l’Olympia puis plusieurs dates durant l’été dernier avec ZZ Top. Et la sortie de la deuxième partie de ce concept album, en septembre 2011 suivie de la tournée automnale…

Cela fait un petit moment que tu n’avais pas sorti d’album?
Paul Personne :
Oui, quatre ans (sourire)…

Alors pourquoi ce long silence? Par manque d’inspiration…?
Pas du tout, non, puisqu’en réalité, cette fois-ci, je me suis retrouvé avec plus de 80 morceaux parmi lesquels il fallait que j’opère un choix. Tu te rends compte? Quatre vingt morceaux pour un album. C’est pour cela, d’ailleurs, qu’on l’a décliné en deux parties, ‘Face A’ et ‘Face B’. Et j’aurai même encore pu faire une ‘Face C’ et une ‘Face D’, parce que j’ai vraiment du matos! (sourire)

Ce qui veut bien entendu dire que la ‘Face B’ qui doit sortir à l’automne est déjà écrite?
Ah oui, alors! Même que les morceaux sont déjà mixés. Il ne me reste plus qu’un morceau sur lequel j’hésite encore au niveau du texte, sinon c’est fini. Je vais essayer de trouver un moment et de m’y glisser pour finir cela, parce qu’en ce moment je suis en répétition avant l’Olympia et les concerts de cet été, ou en promo, comme avec vous, ici. Mais j’essaie de trouver encore des moments pour aller un peu en studio.

Comment est venue cette envie de ‘concept-album’?

Je vais te raconter. Au printemps 2003 j’ai sorti un disque qui était plus acoustique, plus cool, et à l’automne de la même année, il y a eu ‘Coup d’blues’, qui était plus électrique. Et suite à cela, il y a eu une tournée qui a duré plus de trois ans, tu vois. Et puis j’ai fait La Cigale, en 2007, et suite à ce concert je pensais que j’allais me retrouver peinard. Hé bien non! Il y a eu cette fameuse histoire avec Johnny qui me demandait de lui proposer des chansons pour son nouvel album qu’il voulait blues. Et voilà donc que je lui en propose quelques une. Et puis là-dessus, il y a Hubert Thiefaine qui m’appelle pour me dire qu’il a été contacté pour les paroles par des gens de chez Warner. Moi j’avais glissé un mot sur Hubert parce qu’à l’époque ils cherchaient des auteurs. Et j’avais eu l’occasion de leur dire que c’était un mec qui écrivait vraiment des choses fabuleuses. Donc un jour il m’appelle en disant: ‘C’est rigolo, je viens de recevoir des chansons de chez Warner pour que j’y mette du texte et ce sont des chansons de toi. Et ils me demandent de mettre des mots dessus.’ Alors on a d’abord essayé sur une, puis sur une seconde. Cela nous a plu et on a donc continué. Et pour faire court, à l’arrivée, aucune ne leur a plu. Johnny m’a quand même demandé de venir jouer sur son album, juste quelques interventions à la guitare.

Pourquoi est ce qu’il n’avait rien pris de ce que vous aviez composé et écrit?
Franchement, je vais te dire que je ne sais pas si c’est lui ou si c’est son entourage. Je ne sais pas ce qui s’est passé. Il y avait entre autres une chanson assez orientée Johnny, genre bon blues un peu slow, mais les gens de chez Warner, je ne sais pas trop ce qu’ils voulaient. Johnny m’en avait parlé il y a très longtemps et il voulait que je lui fasse des chansons avec des riffs, exactement ce que j’ai entendu dire par rapport à son dernier album. Il me parlait de riffs à la Stones, de ‘Satisfaction’ ou ‘Jumpin’ Jack Flash’. C’est quelque chose qui lui trottait vraiment dans la tête et à l’époque, c’est ce dont il avait envie. Moi j’amène donc un truc chez Warner et finalement on me dit que non, que Johnny veut un truc plus roots et plus blues. Je révise donc ma copie et je lui fais un truc plus comme il le souhaitait. Mais en même temps, je ne suis pas un mec qui écrit sur mesure pour quelqu’un. Après ça, chez Warner on m’a encore dit non, me disant que c’est parce que c’est un truc qui va passer à la radio et que cela doit être plus audible par tous, que cela doit plus faire chanson, etc, etc. Et là je leur ai dit qu’il faudrait tout de même qu’ils sachent ce qu’ils veulent…pour finalement ne rien accepter à l’arrivée! Et puisque l’on a été en fin de compte mis au rancart, Hubert Félix m’a appelé et proposé cette petite escapade à deux. Et on a pris beaucoup de plaisir à faire ‘Amicalement Blues’. On a fait ce disque assez vite et on a fait la tournée derrière, avec l’Olympia et quelques festivals. Donc voilà, si tu veux, ce que l’on prend pour un silence, c’est en fait parce que j’étais vachement occupé.
Après, c’est vrai, je me suis retrouvé un peu plus peinard. J’ai fait quelques trucs avec Beverly Joe Scott. Et en même temps, je suis un peu éloigné de tout cela, car je vis à la campagne, loin des bruits de la ville. Disons que moi, je vis un peu à la cool, loin du stress parisien, et rien, en réalité, ne m’oblige à faire quoi que ce soit.

Est-ce vrai que tu n’arrives toujours pas à dormir, quand tu es à Paris?

(large sourire) Oh si, j’y arrive quand même, mais c’est difficile. Il y a le bruit des voitures, les klaxons… Si l’hôtel est bien isolé, c’est sympa, mais en général, les nuits où tu trouves un bon hôtel comme ça, c’est la femme de chambre qui va passer l’aspirateur à 8h du mat alors que toi tu te remets du concert de la veille. Quand elle ne va pas cogner à la porte…(sourire)

Tu disais que tu avais environ 80 chansons prêtes à être enregistrées et pourtant, dans le premier volume, tu trouves le temps et les moyens d’insérer un Hommage à Calvin Russel…! Tu as donc toujours la possibilité de réagir face aux événements qui te touchent directement…
Oui, tout à fait. Disons que cela n’était évidemment pas prévu. Cela s’est fait à la dernière minute. Lorsqu’on l’a appris, cela nous a tout d’abord fait beaucoup de peine. Et puis j’avais déjà dans l’idée de faire un instrumental, car cela faisait un moment que je n’en avais pas composé pour mes propres disques. Bien que j’en avais emmagasiné par ci par là, des petits bouts d’instrumentaux. D’ailleurs le petit instrumental qui s’appelle ‘Caresse’, je l’avais prévu il y a trois ans peut-être, pour un film. Parce que l’on m’avait branché sur des musiques de film. Mais j’ai souvent été déçu par ce genre de chose. C’est vrai, par contre, qu’à une époque, j’avais fait un truc bien avec Dominique Branque et Richard Bohringer qui s’appelait Bluesbreakers et qui était vachement bien… L’exercice était dans le genre Blues anglais. Avec Dominique, cela s’était très bien passé! Et puis j’ai eu quelques déceptions… Tu travailles à fond sur des choses et puis les mecs, à la fin, ils laissent tomber. Et comme je suis quelqu’un de très libre et de très indépendant, je ne suis pas toujours prêt à m’adapter complètement aux gens. J’avais donc pas mal de bribes d’instrumentaux en réserve et juste avant que l’on apprenne la disparition de Calvin, je m’étais dit que je ferais bien un instrumental. Mais pour le morceau pour Calvin, je suis allé voir mes potes d’A L’Ouest et je leur ai dit que ce serait bien que l’on fasse un instrumental pour lui. On était alors dans une session pendant laquelle on enregistrait trois morceaux pour la Face B et nous avons donc rajouté et joué ce morceau…

Pourquoi avoir choisi un instrumental pour rendre hommage à Calvin et non pas une chanson?
(silence) Parce que c’est délicat, la disparition de quelqu’un. Tu tombes vite dans le pathos et le choix des mots est toujours difficile. Alors qu’avec la musique, tu t’exprimes davantage.

Pourtant, comme tu avais joué avec lui, tu avais peut-être quelque chose à lui dire, quelque chose à faire passer?
C’est vrai que j’aurais pu raconter une histoire, même juste le récit d’une soirée passée ensemble. Mais tomber dans la description, genre ‘Tu te rappelles tel ou tel soir, on a descendu tant de bouteilles…’. Non, je n’avais justement pas envie de tomber dans ce genre de trucs et je me suis dit qu’un instrumental conviendrait mieux. Parce que la musique, ce n’est que de l’émotion à l’état pur. Et dans pareille situation, tu n’as pas besoin de mots qui viennent te déphaser le truc. Tu restes juste dans l’émotion et l’improvisation. On part sur un Sol majeur et on se laisse aller. Et au bout d’un moment, on finit par trouver une mélodie. Et on a fini par trouver un truc qui fait penser à Fleetwood Mac et à Peter Green, dans le genre ‘Albatros’. Une fois la mélodie posée, j’ai proposé de mettre une guitare en quinte. On allait donc forcément tomber dans du Fleetwood Mac, à fond la caisse, l’arrivée de la seconde guitare y étant pour quelque chose, mais ce n’était pas grave. Je n’ai pas de problème avec ça. Et à la limite, si c’est également un hommage à Peter, et bien c’est encore mieux. Puis j’ai suggéré que l’on change le tempo et on est passé à autre chose, à quelque chose de plus blues. On a fait une prise, j’ai écouté ça et puis j’ai dit ‘OK, c’est bien’. Il y avait juste ceci ou cela à reprendre. Alors on a fait une seconde prise et c’est celle là que l’on a gardé sur le disque. Cela dure 9 minutes. C’est long, mais en même temps c’est de la musique. Je ne suis plus un teenager qui écoute des trucs de 2 mn 30 à la radio. Et puis cela ne se prêtait pas au contexte. C’est un morceau qui fait partie d’un album. Il faut le prendre comme tel.

Est-ce que tu peux nous parler de la manière dont tu as enregistré le disque, parce que l’on a l’impression que l’on se trouve presque dans les conditions d’un Live?

Mais ce n’est que du live! Tout ce que l’on entend, c’est du live. Et ceci est valable pour tous les morceaux du disque. On en a fait une bonne partie au Studio Divago. C’est un studio qui est à 35 mn de chez moi. Je ne savais d’ailleurs pas que ce studio existait. Un jour, on m’a rencardé sur le mec qui tenait cela et j’ai appelé Sergueï, le taulier du studio. J’ai appris que BB Brunes et Higelin, entre autres, y venaient. Un studio vachement prisé de plein de gens de Paris, qui aiment bien venir se mettre au vert. C’est une sorte de grande baraque avec le studio qui est à l’étage. C’est super bien! J’y ai rencontré un ingénieur du son que je ne connaissais pas et l’on a sympathisé. On se prenait 2 ou 3 jours à droite, 4 à gauche. Cela n’était que pour des essais, au début, exactement comme les musiciens du groupe. Ce sont de vieux potes que je connais depuis longtemps. On se tapait souvent des bœufs avec d’autres potes. Et un jour je leur ai dit que j’avais un tas de démos chez moi où je joue tout seul avec des boites à rythmes. Je leur ai dit que j’aimerais bien voir ce que cela donne, joué avec de vrais instruments tenus par des êtres humains. Et plutôt que taper le bœuf sur des standards, je leur ai proposé de jouer sur de nouvelles chansons. Et tout de suite, j’ai senti le truc vachement frais, vachement sympa. Eux, ils m’amenaient leur énergie, leur jeunesse, et moi, je leur apportais, entre guillemets, mon métier, mon expérience, mes idées. C’est pour cela que je n’ai pris que quelques séances de studio. Et ensuite, comme les mecs d’A L’Ouest ont un local de répétition chez eux, c’est là que l’on a continué. Et ils n’habitent pas très loin de chez moi, non plus. Au début, nous avons joué un peu à la façon des Pieds Nickelés, avec deux-trois bouts de ficelle, des micros comme ci comme ça. Puis des gens que je remercie encore ici, nous ont prêté des micros et c’est là, dans cet endroit, que nous avons enregistré trois titres, trois nouvelles chansons de la Face B qui va sortir en septembre. C’est là que nous avons également enregistré le Blues For Calvin. Et sur tous les titres, il y a toujours un départ qui est Live, un condensé d’énergie pure. C’est comme cela que je voulais que cela se fasse. C’est ce que je fais sur tous mes albums. Je veux capter cette énergie là. Et après, j’écoute. Et on revoit ensuite certaines choses, comme ici ma voix, ou là une guitare acoustique qu’on rajoute derrière. Je peaufine, je fais un peu le producteur. Mais au départ, je veux que l’énergie soit dans les morceaux. Les soli de guitare, je les fais immédiatement après, de manière spontanée. Après je les réécoute et je vois si c’est bien ou s’il faut que je rajoute quelque chose ou pas, si c’est trop long ou pas assez. Je ne sais pas si vous l’aviez remarqué, mais il n’y a aucun ‘fade out’ dans l’album. Tous les morceaux ont un début, et ils finissent tous.

C’est ce que l’on ressent d’ailleurs dans le dernier titre, avec la guitare et l’harmonica. On dirait du Neil Young.
C’est vrai qu’il a un petit côté Harvest à mort. Je n’ai pourtant pas retravaillé la voix. On a juste utilisé différents micros suivant les sessions. Bonne Soirée, le dernier titre, on l’a fait à trois heures du matin, au studio du Hameau. Moi, je me trouvais dans une petite pièce où il y avait une glace grâce à laquelle je voyais les autres, à côté, parce qu’il fallait que je sois isolé pour l’acoustique et pour le son. L’ingénieur du son m’a mis un micro à peu près à deux mètres de moi. J’avais mon porte harmonica et on n’avait pas le choix pour le mix. Le micro prend la guitare, la voix, l’harmo et tu n’as pas le choix, car il n’y a qu’une piste! Donc tu ne peux rien changer. Tu ne peux même pas dire qu’à tel endroit la voix est trop forte ou que l’harmo couvre le son de la guitare. C’est de la prise directe! J’ai joué, et lui, il a fait la balance. Il a essayé différentes options et il a jugé que c’était tout à fait gérable. Ce à quoi je lui ai répondu: ‘Années 60, vieux! C’est comme cela qu’ils faisaient!’. Ils n’avaient pas cinquante micros disposés dans la pièce. Un seul micro posé là et basta. Dylan, il n’avait qu’un seul micro, lui! Moi, j’avais le batteur et le bassiste à côté, et l’autre guitariste, vu qu’il y avait une autre gratte acoustique, on l’avait mis dans la cuisine, avec le casque et tout et tout. On a fait deux prises et nous avons fait le choix entre ces deux prises. Au niveau du mix nous étions très limités, et on a simplement rajouté un overdub de guitare trémolo après. Parce que pendant un moment j’entendais un truc dans ma tête. Et comme ce n’était pas sur la bande, j’ai dit qu’on allait le rajouter après. Et c’est Tony, le guitariste, qui a fait ce que j’avais envie d’entendre. C’est vrai que nous avons quasiment tout fait à deux pistes, ce qui veut dire qu’à chaque fois nous avons tout rejoué. Parce que je ne garde que la prise qui est bonne du début à la fin. Je veux qu’il se passe quelque chose, même s’il y a des pains. Voilà, si 90% des choses sont bonnes, on garde. Même si un petit truc à la batterie n’est pas top, par exemple, hé bien on garde. Car on n’est pas des robots (sourire)…

Ceux que tu appelles tes vieux potes, ce sont des gamins. Je les ai vus avec toi comme présentateur, l’année dernière, en première partie de Johnny Winter, à Bobino.
Ils n’étaient pas mes musiciens, à l’époque. Ils avaient juste fait le Hard Rock Café avec moi pour la sortie du double album, et en tant que Backing Band. On avait déjà joué ensemble plusieurs fois. Ce sont des mecs que j’ai vu grandir. Je les connais depuis un sacré moment. Cela doit faire 12 ou 13 ans que je les connais. Je les ai vus grandir. Ils étaient fans de moi et de pas mal d’autres gens. Il y a des posters d’Hendrix dans leur local de répète. Et puis le temps passant, nous avons appris à mieux nous connaître et nous sommes devenus de chouettes copains. Dès qu’il y a un anniversaire, celui d’un pote, on arrive avec du matos et on fait des covers all night long. Moi, j’avais bien envie de faire quelque chose avec eux, mais je ne savais pas quoi. Il y avait bien des potes qui me disaient d’aller faire mon album à Memphis et à Nashville, avec toutes les pointures dont j’avais rêvé. Mais moi, je ne sentais pas ce truc là. Pour moi, ce n’était pas le moment. J’étais bien, là, chez moi. La Californie, elle se trouvait chez moi et je n’avais pas envie d’aller dans le Montana ou dans le Dakota du sud. J’avais plutôt envie de faire un truc ‘family’. Et c’est donc parti avec eux tout naturellement. Je les avais vus jouer à Cléon avant le concert de Louis Bertignac et j’avais trouvé cela bien. Je les avais trouvés bons. Je les avais même encouragés, puis je les ai revus en première partie de Johnny Winter à Bobino. J’avais trouvé qu’ils se débrouillaient pas mal du tout! C’est pour cela que lorsque j’ai commencé ce truc avec eux, je leur ai bien dit que c’était un essai, que je ne leur promettais rien. On a commencé par délirer ensemble et nous avons passé de longues soirées à jouer, à nous enregistrer. Et puis on parlait, aussi, et on écoutait des choses ensemble. Sans prise de tête. Eux, ils apportaient leur pêche, ces jeunes mecs pleins d’énergie, et moi, j’adoptais le côté ‘Les bonnes vieilles histoires de l’Oncle Paul’. Cela m’a rappelé ma jeunesse, quand je donnais des cours à des filles ou à des potes, à cette période où l’on vivait en communauté. Mais en même temps, j’avais mon cahier des charges: il fallait que je finisse ces chansons, il fallait que je gamberge les arrangements. Et moi, je leur filais des devoirs de vacances, de temps en temps seulement, parce que l’on ne se voyait que tous les deux ou trois jours. Entre temps, je restais chez moi, pour bosser sur telle ou telle chose, et quand on se retrouvait, c’était vachement bien parce qu’ils avaient bossé comme des fous ce que je leur avais donné!

Je me souviens qu’au Hard Rock Café, tu avais joué ‘Southern Man’ avec eux. Il y avait même Chris Samson.
A l’époque, j’avais aussi répondu à l’invitation de Chris, le fils de Véronique Samson et Stephen Stills. Il m’avait invité au Réservoir et nous avions joué ‘Heart Of Gold’ de Neil Young et ‘You Wake Me’ de Tom Petty. J’aime bien ce que Fait Chris et je suis toujours un grand fan de ce que fait son père.

Pourquoi ne l’invites-tu pas en tant que ‘guest’ sur un de tes albums?
Je ne sais pas… C’est vrai que j’aurais bien voulu l’avoir sur scène, avec moi, à la Cigale, par exemple. S’il avait été là, je lui aurais laissé un message. A l’époque, j’avais fait une soirée électrique et une acoustique. Calvin était là car il arrivait du Texas et Benoit Blue Boy était là également. C’est vrai que j’aurais bien aimé que Chris soit avec nous, parce que nous avons beaucoup d’affinités en commun, notamment par rapport à tout ce côté West Coast, justement. Mais il était à Los Angeles, et cela aurait coûté trop cher de le faire venir uniquement pour ça. Et aussi j’aurais bien voulu l’avoir en première partie de mon concert à l’Olympia, fin juin, mais il n’est pas disponible.

Ce n’est pas la première fois que tu sors des disques en plusieurs volumes. Est-ce que cela n’est pas du, quelque part, à la nostalgie des doubles albums vinyles d’antan? Ne te sens-tu pas limité par un seul CD de 12 ou 15 titres…?
Non, parce que c’est déjà pas mal, un seul disque. Et sincèrement, lorsque tu as une quinzaine de titres, tu peux déjà t’estimer heureux. C’est vrai qu’à une certaine époque j’étais un peu dans le système: album, promo, tournée, puis un autre album, encore de la promo et une tournée. Je sortais un disque presque tous les deux ans. Au début, c’était même presqu’un album tous les ans. Et c’est vrai que lorsque tu es dans cette logique, hé bien, une dizaine de titres, c’est déjà bien, et c’est suffisant, surtout pour un vinyle. Mais à partir du moment où tu laisses un certain laps de temps s’écouler entre les sorties, tu as le temps d’emmagasiner des trucs. Moi, j’écris sur des cahiers qui restent un peu en jachère, comme ça, et j’enregistre des tas de bouts de musique sur cassettes et dictaphones. C’est un vrai bazar chez moi (rire)! J’ai plein de bouts de musique partout. Et puis un jour tu fais le bilan. Moi, ce qui me décide, me motive, c’est juste l’envie! Ce que je veux dire c’est que si je n’ai rien de spécial à dire, je laisse la place aux autres. Il y a tellement de musiciens qui ont plein de choses à dire. Alors je me tais, et je vais jouer avec des potes. Louis (Bertignac) m’appelle et je vais jouer avec lui. Je me fais plaisir à jouer de la gratte avec lui. Mais par contre, à partir du moment où je décide de faire un truc, alors là je m’y mets. Maintenant, simple, double ou triple album, pour moi ce n’est jamais calculé comme ça au départ. D’ailleurs, au début il y a plein de chansons qui me bottent et sur lesquelles j’ai envie d’écrire quelque chose…et je commence à réunir les pièces du puzzle de mes histoires. Et au bout d’un moment, je réalise qu’il y a pas mal de chansons qui sont en bonne voie d’être terminées. Parfois, quand je trouve que le texte est bon et que je me demande si la musique colle bien avec, je la mets de côté et je poursuis le labeur.

Comment choisis-tu celles qui seront sur l’album?
Contrairement à ce que tu pourrais penser, ce ne sont pas forcément celles que je pense être les meilleures qui finissent sur la galette mais celles que j’arrive à finir un peu plus rapidement, et celles qui tiennent la distance, aussi. Et puis il y a des morceaux comme Blues For Calvin qui sont des instrumentaux, faits de manière spontanée et que je ne jouerai sans doute jamais sur scène. Car ces titres là, c’est le truc d’un moment. Au contraire de chansons comme J’ai rêvé que j’avais depuis longtemps, qui a été transformée et qui aurait déjà dû sortir depuis longtemps. Mais je n’y arrivais pas, à cause des mots. J’hésitais sur les mots et pourtant, à chaque fois que je l’écoutais, j’étais convaincu qu’il y avait quelque chose dans cette chanson, qu’elle tenait la route. J’avais envie de la jouer, de la concrétiser, de la finir. Et maintenant ça y est! Elle est finie…et je tourne la page.

Tourner la page…?
Oui, car pour moi, c’est cela le truc, il faut passer à autre chose à chaque fois qu’une chose est terminée. Il faut sortir les choses que tu as en toi. C’est quelque chose d’intime, à chaque fois, un peu comme si tu avais quelque chose à dire à quelqu’un et que tu n’arrives pas à le sortir. Et pourtant, une fois que tu l’as dit, tu n’as plus besoin de le ressasser. C’est un peu la même chose avec une chanson. J’ai un tas de morceaux qui sont à l’état virtuel dans mon ventre, ma tête, mon esprit, et puis un jour ils frappent à la porte et te demandent quand est ce que tu les sors de la cassette. J’aime ce côté un peu marrant de la composition. Seulement après, pour s’exprimer, cela dépend.

De qui, de quoi…?
Tu sais, le tout premier album que j’ai fait, chez Epic, était en fait une sorte de maquette, et pareil pour les deux que j’ai sortis chez Phonogram. C’étaient des deux fois six titres. Et pour moi, deux fois six titres, c’était vachement bien! Parce qu’en 6 titres, tu pouvais t’exprimer. Et en plus, on avait à l’époque un super son, parce que les sillons des vinyles étaient larges et que tu pouvais graver profond. J’en faisais un par an, comme Exclusif ou Barjoland. Mon rythme c’était d’écrire des trucs, rentrer en studio, partir en tournée puis écrire d’autres trucs, rentrer à nouveau en studio et repartir sur la route. C’était super comme formule! C’est sûr que si l’on devait poursuivre dans la logique d’avant, cela voudrait dire que je vais repartir en tournée jusqu’à mai 2012 avant de rentrer à nouveau en studio pour ressortir un autre truc, alors que je vais sortir Face B en septembre.

Est-ce à dire que cette ancienne formule de sortir très souvent des albums et de tourner ne te convient plus?
(silence) Il y a encore des tas de gens qui font ça, mais moi, oui, cela ne me convient plus. Zappa faisait cela, et Neil Young également, mais plus maintenant. Ce que je veux dire, c’est qu’à partir du moment où tu n’enregistres plus régulièrement, tu tombes dans une autre logique. Et puis il faut bien dire que la production de disques, c’est devenue quelque chose de surréaliste! On ne sait plus rien d’avance. Moi, quand j’ai débuté ce projet avec Face A et Face B, je n’avais plus de label et je n’avais plus de maison de disques, et je me suis dit qu’il ne fallait plus que j’écoute ce qui se disait à Paris. Car si tu écoutes tout ce qui se dit, tu as l’impression que tout est fini! On te dit que c’est la crise, qu’on ne vend plus rien et que si tu es musicien, il vaut mieux que tu trouves un autre métier. Mais moi, tant que j’ai l’envie, l’énergie et la santé pour le faire, on ne m’empêchera ni de jouer, ni d’écrire de la musique, ni d’aller vers les gens. C’est mon truc, et c’est peut être le drame de ma vie… Mais je reste persuadé que si t’as l’envie, la volonté, tu trouves toujours une manière de t’en sortir. Tu peux t’autoproduire, aller sur le net, faire des concerts… Moi, je n’ai jamais eu envie de baisser les bras. Au contraire.

Et là, tu viens de rejoindre XIII Bis Records. Pourquoi ce label?
Hé bien parce que j’avais apprécié leur discours à l’époque d’Il était une fois la route. Et que je trouvais que par rapport à tous les autres mecs que je venais de me taper…15 ans d’Universal, quand même, de Polydor, avec des choses très bien d’ailleurs, et de très bons moments, mais à la fin cela faisait un peu vieux couple. Avec cette sensation bizarre que ni l’un ni l’autre ne faisait d’effort pour se rapprocher. Ils ont eu du mal à me lâcher, mais je pense qu’au bout d’un moment nous avons décidé de nous séparer d’un commun accord, et c’était très bien ainsi! Après, il y a eu Il était une fois et XIII Bis Records puis je me suis retrouvé chez RCA avec Hubert Félix Thiéfaine. C’était cool, mais j’étais, comment dire, indépendant, et il y a des gens qui ont appris que j’étais libre. Et il y a des gens qui m’ont recontacté, dont Mehdi, de XIII Bis. Au départ, c’était par rapport à Calvin Russel et au Trabendo. J’étais là, en spectateur, ce fameux soir, au Trabendo, et je n’avais pas prévu de jouer avec Calvin. C’est sa femme qui est venue me chercher et je me suis retrouvé dans sa loge, et c’est lui qui m’a dit: ‘Viens, on va faire un truc ensemble sur scène!’. Eric m’a prêté sa Gold Top et je me suis retrouvé sur les planches. Voilà! Et comme Mehdi avait souhaité avoir mon autorisation pour sortir l’album, ce qui est bien, car il y en a plein qui s’en seraient passé, on s’est donc retrouvé entre gentlemen. Cela nous a rapproché et c’est à partir de là qu’il m’a proposé de travailler avec lui. Alors que pour moi, cela marchait bien avec RCA. Et j’aurais pu aller aussi chez Sony, tiens, en passant. Mais Mehdi et XIII Bis Records, un ‘petit’ label comparé aux monstres que sont beaucoup d’autres, ils ont tout d’une grande maison. C’est ce que j’avais d’ailleurs beaucoup aimé du temps d’Il était une fois la route, car Mehdi a ce côté batailleur que j’apprécie! C’est comme je te le disais tout à l’heure, avoir toujours cette envie, cette énergie, cette volonté. Et pour moi, il est dans une dynamique supérieure à celle de certaines ‘major’ qui fonctionnent de manière un peu bureaucratique.

Et tout est allé très vite, je suppose…
Oui, on s’est parlé et tout a été très vite. Chez XIII Bis, il y a des petites fourmis qui courrent partout, alors que dans les grosses boites, tout est plus lourd à gérer. C’est pour cela que je me suis senti à nouveau très à l’aise chez XIII Bis. Et tout a été très vite. On a fini par sortir cet album sur un chouette label.

Et pour la couv, qui a presque un air rétro…?
J’ai vu le graphiste et on a décidé ensemble de la pochette. Il avait quelques photos et A L’Ouest avait aussi quelques clichés qui trainaient. En fait, on a fait cela à l’américaine, genre Allman Brothers Band et tous ces groupes là. On ne se prend pas la tête et on se la joue naturel. On n’a même pas fait de séance photo, c’est te dire. Tout s’est fait simplement. Gloria a pris quelques photos et voilà.

Pour la date à l’Olympia, tout s’est aussi fait très vite…
Tout à fait. J’ai rencontré Gérard Drouot, comme ça, par hasard. Un jour que j’étais à Paris, Mehdi m’appelle et me dit: ‘Gérard est avec moi, et il souhaiterait te parler.’ Et voilà que celui-ci me propose d’emblée le 30 juin 2011 à l’Olympia, un créneau s’étant libéré. Je ne l’avais pas prévu comme cela, mais j’ai dit tout de suite banco! Même si cela chamboulait mes plans, car la Face A allait sortir en mai et la Face B était encore en gestation. Il me fallait prévoir les répétitions et je n’avais prévu que quelques dates en France, pas de festival. Je voulais tout d’abord sortir la Face A, puis la Face B en septembre, puis une tournée en automne et enfin une date à Paris. Voilà comment je voyais les choses. Du coup, tout a été chamboulé! Et puis non seulement Gérard Drouot me propose l’Olympia pour le 30 juin, mais il en profite pour me dire qu’il a un truc rigolo pour l’été: ZZ Top est en tournée et comme il a besoin d’une première partie, il me demande si cela m’intéresse. Et voilà comment je me suis retrouvé à avoir trois dates avec ZZ Top.

Cela n’est-il pas frustrant de faire la première partie d’un tel groupe? Est-ce que cela ne dévalorise pas ta propre prestation?

Oh non! J’avais déjà fait des premières parties, comme Doctor Feelgood, de vrais gentlemen, en passant, et puis aussi Jacques Dutronc. En réalité, c’est une vraie gageure de passer ainsi en première partie de ZZ Top. Je ne jouerai pas 1h30 mais 45mn seulement, et puis, d’un autre côté, je n’ai jamais rencontré personnellement Billy Gibbons. C’est quelqu’un d’impressionnant, classieux, et j’aime son jeu de guitare. Et puis j’aurais eu mes deux heures à l’Olympia. Alors pourquoi ne pas faire seulement 45 mn pendant trois soirées… Je me suis dit ‘why not’ et puis j’ai eu envie de croiser les mecs de ZZ Top, c’est une nouvelle expérience.

Et à propos de nouvelle expérience, pourquoi n’essaierais-tu pas de chanter en anglais, de percer sur le marché anglais et international, car ton anglais est vraiment bien…
Oui, tu as raison, mon accent n’est pas trop mauvais. Mais cette question, vois-tu, c’est comme ces questions qui me reviennent régulièrement… Pourquoi ne fais-tu pas un vrai disque de blues? Pourquoi ne fais-tu pas un disque de cover? Et pourquoi pas un disque de cover de blues? Et pourquoi pas en anglais? (rires)… C’est vrai que dans mes groupes du début, on chantait en anglais. A l’époque, c’était parce que je voulais aller jouer à l’étranger, dans des pays ouverts au blues. C’est vrai qu’en chantant en français, tu réduis pas mal les parts de marché. Alors c’est vrai que je reprendrais bien quelques uns de mes titres en anglais, je ne suis pas contre, mais il faudrait juste que je trouve quelqu’un qui pratique bien l’anglais, pour que le fond de mes chansons ne soit pas trahi. Il faudrait aussi que l’idée soit là et que les consonances et les toniques concordent. C’est vrai qu’un jour, sur France Inter, on a fait une chanson à moi et une cover, lors d’un set acoustique. J’avais joué ‘A Horse With No Name’, d’America, et c’était vachement bien! Si demain je tombe dans une thématique blues, je me fais un Hoochie Coochie Man sans problème. Cela ne me dérange pas, il suffit juste qu’on me le propose (sourire).

Mais tu pourrais, toi, le suggérer à d’autres…
Oui, c’est vrai, mais il faudrait qu’il y ait un challenge, du genre cela peut te permettre de faire tant de dates aux Etats Unis. Mais je dois te dire aussi qu’à une époque je me disais que lorsque les américains viennent à Paris, ils ne se font pas chier à traduire leurs paroles. A l’exception du traditionnel ‘Bonsoir Paris’ dans le texte, ils ne font rien d’autre. Alors moi, si je devais aller chez eux, pourquoi est-ce que je devrais me prendre la tête? Si je dois jouer là-bas, je jouerai donc en français, parce que je suis français. Mais c’est vrai aussi que si demain je dois faire un disque en anglais parce que cela peut m’ouvrir des portes aux Etats Unis et sur le net, pourquoi pas. Encore que… Même sur le net, les gens m’apprécient aussi parce que je chante en français. Savoir qu’il y a des américains qui m’écoutent chanter en français et qui m’apprécient pour cela ne m’incite pas à chanter en anglais. Tiens, je vais te raconter une anecdote: c’était au Canada, en 1988. Un soir, dans un bar, j’ai rencontré un musicien qui jouait de la steel guitare avec Crosby et Young. Il m’a dit qu’il était fan de Barjoland et pourtant à l’époque on n’avait pas Internet! En fait, sur le disque Patchwork Electrique, il y avait des musiciens américains, comme le batteur de John Mellencamp, et des musiciens d’Iggy Pop. Et ça a du se savoir de l’autre côté de l’Atlantique, et ça a fait son chemin… Surtout que j’avais avec moi le batteur d’Iggy Pop pendant la tournée de Patchwork Electrique, et cela a été un plaisir immense. Et ces supers musiciens n’avaient qu’une envie, faire une tournée avec moi. Ils me demandaient d’aller convaincre Alain, le mec qui s’occupait de ma tournée, d’organiser quelque chose avec eux, et d’aller sur un festival où il y aurait eu B.B. King. Ils voulaient qu’on y aille tous ensemble et que je chante en français. C’est vrai, je suis certain que la langue anglaise pourrait élargir mon horizon, mais je serai bien emmerdé… Imagine une tournée en Australie, avec 24 h d’avion. Pas possible, j’ai trop peur en avion.

Pourquoi avoir mixé ton double album à la Chocolaterie?
C’est moi qui ai décidé, à la fin, de le mixer à cet endroit. Mais c’est mon fils, Jérémy, qui joue de la guitare et qui a fait toute la dernière tournée avec nous, et qui a d’ailleurs fait des apparitions sur Coup d’blues, qui connait très bien le lieu. Je savais aussi que Manu (Lanvin) avait un studio. Et mon fils y était déjà allé pour faire quelques trucs. Et comme à un moment donné je cherchais moi-même un studio où mixer… En fait, moi, je cherchais surtout un mec qui me rajoute juste le petit plus sur le boulot déjà fait. Et je savais exactement ce que je voulais. Et aussi ce que je ne voulais pas. Je désirais la cerise sur le gâteau et pas un loustic qui vienne tout saccager. Manu, je l’avais rencontré à l’époque où son père Gérard m’avait fait un texte sur le vagabondage. C’était à l’époque de Comme à la maison. C’est une vieille histoire, Manu! Et c’est vrai que c’est aussi lui qui avait mixé le ‘Live’ de Calvin. On en a discuté tous les deux et il m’a dit qu’il était certain que l’on s’entendrait bien ensemble, Steve et moi. Nous nous sommes donné rendez-vous à la Chocolaterie et là, coup de foudre! Ce fut tout de suite l’entente cordiale. Steve a proposé de mixer un titre, pour faire un essai, et puis un jour je suis arrivé pour lui faire écouter les quatorze titres en lui proposant d’essayer de mixer le morceau de son choix. Je l’ai laissé quelques heures travailler seul et je suis revenu…et en fait, il n’était pas loin de ce que je voulais. Alors nous avons décidé de le faire ensemble. On s’envoyait des fichiers et l’on se corrigeait à distance. Ordinateurs, téléphones, Internet… Ce qui fait que je n’ai fait les 400 bornes entre ma campagne et Paris que tous les 3 ou 4 jours. Et on tout mixé très vite, en une semaine et trois jours. On l’a fait dans le style des années 60. Je lui disais par exemple: ‘C’est cela que je veux entendre, mais en mieux!’. Steve a concrétisé ce que j’avais dans la tête. Et c’est ainsi que tout s’est fait à la Chocolaterie. Faut dire que Manu a été d’une gentillesse extraordinaire! Tapis rouge et tout et tout. Nous avons été très bien reçus. Il allait même jusqu’à me chercher la place de parking à proximité du studio, c’est dire combien de garçon fait attention à tout.

Toi qui a travaillé avec Thiéfaine, pourquoi est-ce que tu ne travaillerais pas avec des artistes comme Bertignac ou Rodolphe Burger qui vient de coproduire l’album exceptionnel de Journal Intime?

L’expérience avec Hubert a été vraiment super! On a tout fait comme des sales gosses dans une cour de récré. Cela a été super marrant mais je ne pourrais passer mon temps à travailler avec les autres. C’est vrai que cette expérience a été fantastique, mais je ne suis pas prêt à retravailler, en ce moment, avec quelqu’un d’autre. Mais un jour, pourquoi pas… Par contre, j’aime bien être appelé comme ‘guest’, comme pour Beverley Joe Scott, Johnny, Eddy ou Véro (Samson). J’aime bien donner sans être toujours sous les projecteurs. Moi, ma problématique a toujours été celle du groupe façon années 70. C’est vrai que je suis un peu ‘loner’, solitaire, mais j’ai été élevé avec des groupes come les Beatles, les Rolling Stones, les Kinks. J’aime bien le partage, la complémentarité. J’ai toujours pensé que l’union fait la force. D’où mes expériences communautaire dans les sixties, même si cela s’est presque toujours terminé par un désastre (sourire). C’est vrai aussi qu’il y a toujours des problèmes d’égo dans un groupe, des conflits de personnalité, mais je pense que souvent on est plus fort à plusieurs que tout seul. Tout seul, tu tournes autour de toi-même. Tout venant de toi, tu piétines parfois, tu persistes à creuser ton sillon alors que les idées extérieures, même si elles peuvent aussi te perdre, peuvent t’enrichir terriblement. C’est pour cela d’ailleurs qu’à une certaine époque j’aimais bien avoir des textes écrits par d’autres personnes. Mais aujourd’hui je ne pourrais plus me retrouver avec des textes de Bergman, Bohringer, Aubert, Gérard Lanvin ou d’autres encore, comme mon vieux pote Christian Dupont. C’est vrai que seul, il y a des moments difficiles où tu te retrouves seul devant ta page blanche. Mais tu y arrives, et quand cela vient de toi, c’est plus facile, après. C’est plus roots! Même si je ne me suis jamais considéré comme un auteur. Je suis plutôt du genre touche à tout. J’écris quelques textes, je joue des mélodies, puis je reviens sur mes textes, avant de me remettre à jouer de la guitare. Et puis je ne me suis jamais considéré comme un ‘guitar hero’ ou comme le guitariste le plus rapide à l’ouest de chez moi. J’écris des chansons qui me plaisent et c’est vrai que je n’ai jamais cherché à faire des hits, des ‘single’ ou des tubes pour la radio. Mes chansons valent ce qu’elles valent. C’est le mélange de tout cela qui fait ce que je suis. Quand on m’appelle pour jouer de la guitare, je dis toujours que je ne suis pas un virtuose mais on me dit que c’est mon son qu’ils veulent entendre. Un son que j’ai fini par approfondir, travailler, améliorer, c’est vrai. Mais attention, il ne faut pas me demander quelque chose que je ne sais pas faire, comme du jazz ou de la bossa nova. Je fais ce que je peux avec ce que j’ai. Et c’est ce que je proposerai à l’Olympia (sourire).

Tu as fait des B.O. de films, pourquoi n’en fais-tu plus?

J’en faisais lorsque l’on me le demandait et lorsque le projet me plaisait. Souvent c’était sympa, par le biais de copains. Avec Bohringer, par exemple, il m’avait branché sur Blues Breakers, une sorte d’hommage à Peter Green. Par contre, sur un autre projet, cela n’a pas marché. En fin de compte, je pense que cela n’est pas mon vrai boulot, de faire ça. Il y a des spécialistes qui font ça au kilomètre et qui sont très bons! Cela pourrait peut être marcher si je tombe sur un mec qui arrivait avec un super truc style ‘Paris Texas’. Un Wim Wenders avec un truc à la Ry Cooder, ou bien un Neil Young sur Dead Man ou Little Big Man. Ces mecs amènent une ambiance, une certaine atmosphère, mais je ne pense pas que ce soit mon truc. On verra, peut-être que cela arrivera un jour…, mais pour le moment je ne suis pas dans ce trip là et j’ai deux albums qui sortent cette année, plus l’Olympia, plus trois dates avec ZZ Top, plus… C’est bon, non? (rire)

Article proposé sur le site Paris-Move, ici : http://www.paris-move.com/zik-dedicated.php?id=970

 

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